L¡¯histoire n¡¯existe pas. Elle s¡¯invente au gr¨¦ du temps.

 

Comme cette exposition qui se tient ¨¤ Beijing du 16 août au 16 septembre 2008.

 

Cette exposition combine une histoire qui se d¨¦roule dans le pass¨¦ et dans une certaine dimension et l¡¯interpr¨¦tation personnelle que donnent huit artistes figuratifs de ce m¨ºme pass¨¦ et de cette m¨ºme dimension.

 

Le catalogue rec¨¨le cette histoire. Ou est-ce l¡¯inverse ?

 

Dans Merci, Marie P¨¦tronelle, Pascale nous raconte l¡¯histoire de la famille Melchior.

 

Que Marie P¨¦tronelle s¡¯appelle Marie P¨¦tronelle ou Marie-Ange ;

Que Melchior s¡¯appelle Melchior et non Balthazar ou que Balthazar s¡¯appelle Balthazar et non Melchior ;

Que la Belgique s¡¯appelle Utopie ou Utopie la Belgique¡­.

 

De toute façon ; ceci n¡¯est pas la Belgique.

 

Ceci est un reflet d¡¯un mode de vie, d¡¯une culture, d¡¯une façon d¡¯¨ºtre. C¡¯est l¡¯expression d¡¯une ¨¦volution et d¡¯une accumulation d¡¯id¨¦ologies et de tendances.

 

Comme pour la Belgique, la r¨¦alit¨¦ d¨¦passe parfois la fiction.

O¨´ la r¨¦alit¨¦ et o¨´ la fiction s¡¯arr¨ºtent ou commencent-elles ?

Qui d¨¦cida d¡¯appeler ce territoire la « Belgique » ?

Que l¡¯histoire se d¨¦roule en Belgique, en Wallonie, en Flandre, ¨¤ Bruxelles ou ¨¤ l¡¯endroit m¨ºme o¨´ confluent la Lys et l¡¯Escaut ; c¡¯est sans importance.

Ce qui importe est qu¡¯elle s¡¯inscrive dans le vaste panorama de traditions culturelles de ce territoire: surr¨¦alisme ; cynisme ; sarcasme ; ni Dieu ni maître, ni pape ni roi ; une mentalit¨¦ et des valeurs qui distinguent les anciens et les nouveaux Belges des autres tribus europ¨¦ens.

 

L¡¯histoire et les œuvres d¡¯art partent du m¨ºme principe. Elles utilisent ce que nous percevons comme pass¨¦ ou r¨¦alit¨¦ pour les modeler plus ou moins subtilement et selon le goût du jour. Au spectateur de se retrouver ou non dans cette nouvelle r¨¦alit¨¦.

 

Le spectateur prom¨¨nera et re-prom¨¨nera sans cesse le regard sur les dessins et collages de Karel Mechnig. Il s¡¯attardera chaque fois sur de nouvelles donn¨¦es pour en repartir toujours et encore avec davantage de questions que de r¨¦ponses. 

Les peintures ¨¤ l¡¯huile de Piet Pollet nous pr¨¦sentent des individus facilement reconnaissables et auxquels il est ais¨¦ d¡¯imaginer un pass¨¦. Pourtant, ils n¡¯existent pas. Ce ne sont pas de vrais portraits. Juste des repr¨¦sentations d¡¯individus imaginaires, laissant libre cours ¨¤ l¡¯interpr¨¦tation.

Les paysages de Jean De Groote, tellement reconnaissables, ne sont pourtant pas des paysages existants.

Stefaan Van Biesen cr¨¦e son propre monde de personnages « ¨¤ la recherche de ». Une jeune Gantoise qui pourrait ¨ºtre New-Yorkaise . Un ¨¦quilibriste qui paraît sorti tout droit de derri¨¨re son bureau.

Johan Clarysse remet tout en question. À qui appartiennent les jambes sous la table et qui se cache derri¨¨re cette cigarette ? Margaret et Marilyn, sont-elles interchangeables ?

Jimi Dams, assis dans son studio ¨¤ New York, choisit un livre et en d¨¦coupe tout ce qui lui paraît superflu pour ne laisser que des fragments qui sugg¨¨rent une histoire d¡¯amour, de passion et de Marie P¨¦tronelle.

Les vagins multicolores, multiformes et assi¨¦g¨¦s de Frans Labath sont universels et s¡¯inscrivent ainsi dans toutes les histoires du monde.

L¡¯image que nous offre Luc Vandervelde de Marie P¨¦tronelle est la seule image connue de cette femme qui, grâce ¨¤ cette intervention, s¡¯impose ¨¤ nous avec d¡¯autant plus de d¨¦termination.

 

Frank Uytterhaegen

Beijing, juillet 2008.